Célia à chaud!
[Slam pour dire, s'épanouir les sens au fil des mots.
Slam pour laisser glisser la plume ou filer les flots.
Slam encore pour prendre au coeur ce qu'il faut bien dire tout haut.
Oser s'exprimer, partager un texte, oublier le reste.
Et laisser opérer la créativité des paroles et des gestes.]
Flamenco.
Flamme ronde et chaude qui fait bouillir les sangs.
Sans pudeur et les corps graciles éveillent nos sens.
Et ainsi gonflent en nos ventres les couleurs âcres de l'Andalousie.
Anda, anda, Andalucia
Danza, canta, anda ostia!
Almeria, Granada, Cordoba y Huelva
Jaén, Malaga, Sevilla o Cadiz.
L'Andalousie souffle les "s" pour se donner des airs frivoles.
Elle vibre, vit, virevolte comme pour dire
c'est ici que l'on frôle nos portes intérieures,
portes ouvertes sur nos âmes mises à nu. Et battements de coeur.
Anda, anda, Andalucia.
Elle détient ce petit supplément d'âme dans le creux de ses mains.
Elle porte les marques de l'histoire, mais pas celle des historiens.
Celle des métissages douloureux et sanglants, des cultures brassées, bafouées et brimées.
Andalousie, pays lointain que je n'ai jamais atteint.
Et ses contrées que je n'ai jamais visitées.
Mais un soir de Slamenco, j'ai vu les corps déliés danser juste pour le plaisir.
J'ai fixé les doigts papilons et agiles qui donnent à goûter, sentir, capturer
le rythme cadencé des guitares ensoleillées.
Anda. Lucia. La lumière.
Nul besoin de n'avoir jamais foulé ou frôler les terres d'Andalousie.
Du fin fond de la Charente et d'ailleurs, elle prête sa frénésie,
elle emprunte nos corps, nos mots et nos mains,
continue d'écrire son histoire et chante ses lendemains.
Andalucia. Douce lumière en marche.
Samedi 14 novembre 2009,
à Roche.
à Roche.
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